
Il est difficile de partir de témoignages particuliers pour en déduire des constats généraux, aussi les deux témoignages ci-dessous devront être lus par respect pour les gens qui ont pris le temps de les rédiger et de nous les adresser, et avec tout le recul nécessaire.
Les faits signalés ne sont le fait que de minorités, mais c’est souvent de telles minorités qui jettent l’opprobre sur telle ou telle corporation.
Apprenons, réapprenons à vivre ensemble, sur nos sites de pratique… et ailleurs.
Le Comité fédéral d’Éthique
« Aujourd’hui, au Mont Myon, il y avait du monde. Un pilote amateur, dont je cherche le numéro de licence de manière à déclarer officiellement l’accident, est arrivé « en vainqueur ». Il s’est installé où j’étais en train de m’installer, en pensant laisser décoller les deux voiles autour de moi. Sauf que lui a décidé de gonfler son biplace en mode boule. Les suspentes se sont prises sur ma passagère/copine ; il a fait retomber la voile sur ma copine avec les suspentes autour d’elle et a tout de même refait un gonflage en l’état. Une suspente a coupé la joue de ma copine mais lui a décollé. Le temps de réaliser ce qui se passait, personne n’a eu le temps de réagir.
Résultat, une coupure en plein visage mais également un choc psychologique.
Impossible de rester sur le décollage pour elle et elle m’indique aujourd’hui ne plus remettre les pieds sur un décollage, complètement paniquée à chaque gonflage d’une voile.
Sans parler du biplaceur pro qui vient mettre son bi sur nous pendant que l’on replie la voile pour rentrer. Là je fais une remarque et celui-ci m’indique « ah oui, mais ce n’était pas moi. »
Je ne suis pas irréprochable mais je dois avouer que cette fois je suis d’accord avec les règles qui ont été mises en place au Banchet (site en Isère nécessitant le BPC).
Ça aurait très bien pu être une passagère lambda d’un biplaceur pro, voire un enfant.
Nous avons des comportements sur nos sites tout aussi dangereux de la part de pilotes locaux. Il faut aujourd’hui alerter sur ces comportements et, en fonction des règles, sanctionner si cela est notre politique.
Ce que je souhaite, c’est uniquement être en sécurité et mettre mes passagers en sécurité. »
SL
« Ce matin au décollage des Deux-Alpes, installé sur la zone de décollage (voile préparée, sellette en place mais non gréée), il n’y avait alors qu’un autre parapentiste (arrivé quelques minutes après moi) installé à 20 m en contrebas, non conflictuel pour la trajectoire de décollage.
Je mettais mes équipements de protection quand trois biplaceurs pro sont arrivés sur la zone.
Deux d’entre eux se sont installés en dehors de ma trajectoire de décollage. Le 3e (M. X) s’est mis devant ma sellette et a commencé à s’installer et faire venir son passager (un enfant/adolescent).
La zone n’était pas congestionnée mais l’obligeait à faire 30 m de plus. Je lui ai demandé ce qu’il faisait car je doute qu’il ne m’ait pas vu.
Il m’a interrogé sur le temps depuis quand j’étais sur zone. J’ai répondu que j’y étais installé depuis une dizaine de minutes.
Il m’a dit d’un ton très sec qu’il aurait fallu que je sois plus rapide et m’a expliqué que lui « il bossait ». Malgré mon agacement, je lui ai fait comprendre que ce n’était pas correct mais que je n’avais pas envie de rentrer en conflit, sous le regard de deux promeneurs très choqués de la scène, qui s’étaient installés au-dessus de moi, en limite de la zone.
Malgré son empressement, j’ai pu m’installer 30 m plus loin et être prêt avant lui, mais les autres biplaceurs étant prêts, j’ai donc attendu qu’ils décollent. J’ai pu observer son décollage qui était au même niveau que la première impression qu’il avait laissée : il a fait chuter et se relever son passager quatre fois sur une course de 30 m avant de s’arrêter car il s’approchait de la fin de zone et de la falaise.
J’ai recroisé les deux promeneurs par hasard en faisant mes courses dans la station. Ils m’ont reconnu et ont tenu à m’expliquer que M. X avait été vindicatif envers son jeune passager, lui remettant la faute du décollage avorté sur son dos, et l’a fait changer pour un passager « moins lourd et plus rapide ».
J’en retiens plusieurs choses :
Ses motivations lui font outrepasser des comportements courtois, et les règles de base en parapente.
Je pense qu’il n’a pas eu le temps de briefer (ou de rebriefer) correctement son passager, étant donné son empressement lié à son business.
La sécurité du passager a été mise en défaut.
L’image du vol libre laissée aux passagers, leurs familles ainsi qu’aux passants est désastreuse. »
SB
